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Art & Science : Un Rucher pour le CAPC

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© Isabelle Camus

Se lever à 5h et demi du matin peut être rédhibitoire, même si c’est occasionnel. Sauf, sauf si le jeu en vaut la chandelle, comme ce fut le cas ce lundi 7 avril où, d’emblée, voir le jour se lever sur les quais, à vélo, entre le ciel et l’eau par le soleil embrasés, avait des accents d’expérience quasi extatique à vous rendre lyrique (et vous mettre en retard).

Ensuite, parce que la raison qui nécessitait d’être à 7 heures sur le toit-terrasse du CAPC avait tout pour justifier (tout au moins pour l’auteur de ces lignes) de sacrifier deux heures de sommeil. En l’occurrence, l’installation d’un rucher de 5 ruches.

Une démarche à la fois artistique et scientifique née de la coopération entre le musée d’art contemporain de Bordeaux et OSBM (Open Source Beehouse Monitoring), un programme de l’association Open Bee Lab imaginé par l’artiste apiculteur, Pierre Grangé-Praderas.

Artiste par profession, apiculteur par héritage

Depuis longtemps fasciné par les abeilles et la vie qui règne dans un rucher, ce dernier, formé à l’art de faire du miel  par un grand-père béarnais, utilise son héritage comme source d’inspiration dans sa pratique créative.

Influencé par une étude scientifique menée sur l’observation des ruches par le College of Science de la Nottingham Trent University, Grande-Bretagne en 2010, il décloisonne, depuis, les univers et mélange allègrement les genres.

En effet, celui qui se définit comme un « artiste-hacker et beekeeper »  met sa double formation à la fois technique (génie mécanique) et artistique (Beaux-arts) au service de sa passion qui lui a notamment fait co-fonder le Labx, hackerspace de Bordeaux.

IMG 6171 300x200 Art & Science : Un Rucher pour le CAPCAprès plusieurs années de collaborations et d’expériences plastiques avec les abeilles. Après deux ans de travail d’équipe pour mettre au point le premier prototype de ruche connectée intelligente,  dotée de capteurs permettant d’évaluer la population d’abeilles à l’intérieur de la ruche, de contrôler son évolution, et de surveiller température et humidité ambiante.

Et après un an de travail et de recherche de financement par le CAPC pour rendre ce projet possible, ça y est !

Ce lundi 7 avril 2014, était inaugurée La Mine, le rucher du CAPC, pour continuer toutes les expériences collaboratives mêlant  artistes, informaticiens, apiculteurs,  scientifiques et bien sûr abeilles.

Surplombant les toits, les ruches en place sont entourées ce matin là par une assemblée humaine où les uns sont protégées, les autres pas, qui devront, dés lors, rentrer à l’intérieur. Les abeilles commencent à pointer le bout de leur nez, il ne faudrait pas se faire piquer…

5 ruches pour un rucher

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Pierre Grangé-Pradéras aux côtés de Maria-Ines Rodriguez Fernandes, la nouvelle directrice du CAPC

Soutenu par la Fondation Hermès, ce dispositif mis en place au CAPC est expérimenté pour la première fois en France.

En chiffres il se résume ainsi :

80 000 abeilles par ruche
400 000 abeilles dans le rucher
10 kg à 30 kg par récolte et par ruche au bout d’un an
10% à 95% de perte dans chaque essaim chaque année
5 ruches pour une meilleure parade contre les frelons asiatiques prédateurs de l’abeille commune en Europe
1 à 2 récoltes par an

Les objectifs de la Mine

Alors tout ça pourquoi ? Selon un audit de la filière apicole réalisé en 2011 par FranceAgriMer, le nombre de ruche a diminué de 20% en 6 ans. Les abeilles ont le sait, frappées par des maux divers, sont décimées. Les enjeux sont cruciaux, car dans la chaine, de bout en bout,  tout le monde est concerné, et particulièrement la France, pays européen le plus touché par cette mortalité.

IMG 6187 229x300 Art & Science : Un Rucher pour le CAPCComme le disait Albert Einstein, que l’on cite invariablement dès qu’il s’agit de sensibiliser les gens sur le sujet : « si l’abeille disparaît, l’humanité en a pour quatre ans à vivre »

Les objectifs du  projet sont donc spécifiquement les suivants : permettre la récolte de données scientifiques. Aider à une pratique raisonnée de l’apiculture. Favoriser la protection de la biodiversité au coeur de la ville de Bordeaux. La conduite d’ateliers pédagogiques pour sensibiliser les publics. Et in fine, la production du « Miel du CAPC ».

Souhaitons à l’initiative de ne pas finir comme celle élaborée par la Région Aquitaine qui, fin 2010, avait installé 8 ruches sur le toit de l’Hôtel de Région, décimées par… la chaleur.

Et faisons confiance à Pierre Grangé-Praderas qui, à l’évocation de cette expérience avortée précise : « Depuis 10 ans, j’ai toujours réussi à sauver mes abeilles ».

Réponse donc dans 2 ans. Le temps que devrait durer l’expérience. Et bonne chance à ce projet qui conjugue art et science pour le bien des abeilles, et par conséquent, puisque, ne pas l’oublier, tout est lié… le notre.

Crédit photos © Morgane Launay

 

2 commentaires
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